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Poésies

Quatre de mes poésies vous sont offertes chaque trimestre :

UN PHANTASME FULGURANT

Il arrive parfois dans le quotidien
Souvent simple, répétitif, sans saveur,
De rencontrer sur le banal chemin
Une situation qui alarme le cœur.

Ce peut être la vision d’un paysage,
La rencontre d’un être extraordinaire,
La merveilleuse beauté d’un frais visage,
Ou l’harmonieuse sculpture d’une âme stellaire.

C’est ainsi que naît au profond de vous
Une émotion, un phantasme fulgurant
Qui tant ensorcelle, vous met à genoux,
Créant un émoi aussi fol qu’ardent.

Cela ne dure guère que quelques instants,
Et la chaude et violente intensité
Mène l’homme ainsi saisi vers de troublants
Rivages où les sentiments passionnés

Marquent, étonnent, transforment l’être le plus sensé.
Il tente de se retenir, mais en vain,
Il veut goûter, conquérir, enlacer
L’âme, l’image, l’objet qu’il estime divin !

Très vite tout retombe et c’est mieux ainsi !
Oui, cette passion, ce phantasme foudroyant
Souvent détruit. Et quand tout est fini,
L’homme exalté, bien sage, rentre dans le rang.

Christian-Georges GAUVIN « Mon Esprit T’attend dès le matin » Bruillet, 18 Août 2006

DU SPLEEN à la SPLENDEUR

Hommage à Charles BAUDELAIRE

Mon frère de misère, mon ami de cœur,
Quelle étrange mélancolie passagère
A envahi, telle une perfide liqueur,
Ton âme qui vogue en des terres étrangères

À présent, loin de la douce lumière
Qui réchauffait nos liens d’une tendre passion !
Tu dis que l’amour demeure éphémère,
Qu’il ne peut durer plus d’une saison.

Là, autour de toi, tout n’est qu’un vide noir.
Demain te fait peur, tout est incertain.
Il n’y a plus d’espoir, plus rien à croire,
Même moi, pour toi, je ne suis plus rien.

Mon compagnon, je ne peux t’abandonner :
Au nom de la fraternité des cœurs
Et des esprits, je reste à tes côtés,
Le néant n’existe pas, par bonheur,

Puisque je suis là, tel Pylade, près de toi.
Sens chez moi la chaleur de l’espérance
En la force épurée d’une foi en toi,
Brûlant de mille feux de renaissance !

Si tu veux, partons ensemble, à présent,
Elevons-nous, debout, vers l’infini ;
Quittons le spleen combien traumatisant
Pour la splendeur qui charmera nos nuits.

Pose ta main sur mon épaule, et allons
Sur ces chemins balayés par le vent
De la tourmente menant sans confusion
Vers l’éternelle citadelle des amants.

Paris, 19 février 2006

L’IVRESSE DES MOTS

En hommage à mon aîné dont j’aime les mots et les poésies, Arthur Rimbaud

Seul, loin de toutes mondanités,
Caché en un lieu écarté,
Fuyant toutes frivoles présences,
J’irai vous écrire ces silences

Vers lesquels mon esprit revit.
Et face à l’océan qui danse,
Je chanterai le vent ami
Qui joue avec moi sans violence.

J’allouerai aux mots des couleurs
Qui charmeront l’élan des cœurs.
Tout autour de moi sera bleu,
Comme l’infini miraculeux.

Toutes lettres seront parfumées
D’exquises senteurs de l’orient ;
Aux lecteurs elles feront aimer
Mes écrits qui se veulent riants.

J’aimerai alors raconter
Ces histoires aux effluves iodés
Qui entraîneront le lecteur
À vivre en des lieux enchanteurs.

Ces contrées offertes si lointaines
Qui cherchent à imiter l’éden
Sont des oasis apaisées
Où il fait bon se reposer.

Je louerai l’alliance des amants
Qui conjugueront au présent
L’amour des mots en harmonie,
Menant l’auteur vers l’infini.

Que tous ces mots entraînent l’ivresse,
Telles de luxurieuses caresses
Invitant celui qui me lit
À goûter les fruits que j’ai cueillis.

Amis, demeurez en extase,
Savourez ces mots et ces phrases
Qui engendrent proses et récits,
Reflets de vie en poésie.

Paris, nuit du 9 au 10 février 2008

Composé après avoir lu les magnifiques œuvres de Rimbaud.

EXTASE & VOLUPTÉ

Combien de jours, combien d’années
Me reste-t-il pour décliner,
Avec toujours autant d’extase,
Lettres, mots, poèmes, épîtres et phrases.

Qu’importe ce précieux temps qui file,
Immaîtrisable et indocile ;
Je dois goûter les faits grisants
Sans gaspiller l’instant présent.

Désormais je composerai
L’invisible et l’évaporé,
L’absence, l’infini, l’absolu
Et mes souvenirs révolus.

J’exprimerai ces sentiments
De volupté, d’enchantement,
Mais aussi mes craintes et mes peurs,
Comme mes joies, mes chagrins, mes pleurs.

J’écrirai en des termes charmants
Ces émois que nul ne ressent :
L’amour qui brûle les cœurs aimants,
L’amour qui réjouit l’innocent.

Ces impressions que nul ne voit,
Le souffle, les ondes, le feu, la foi,
Ces élans d’imagination,
Qui colorent mon exaltation,

Extase et volupté
Seront mes douces amies
Qui m’accompagneront
Vers cette éternité
Que le Père a promis
À tous ses vignerons.

Paris, 13 mars 2008

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